L'histoire se déroule dans le Japon médiéval (ère Muromachi). Ashitaka, un jeune guerrier de la tribu des Emishis, est frappé d'une malédiction après avoir tué un sanglier devenu démon. La chaman du village le dit condamné à devenir lui-même un démon. Il part à la recherche de l'origine des malheurs qui frappent le monde et de sa malédiction, et se retrouve mêlé à une guerre entre les esprits de la forêt, et deux partis humains aux intérêts contradictoires.
Hayao Miyazaki apporte à l'animation et aux décors un soin extrême.
Dans ce film, on retrouve l'une des principales préoccupations de Hayao Miyazaki : la destruction de la nature, mais aussi la dénonciation de la guerre, l'importance de la vie, la tolérance, la complexité des rapports entre humains et entre les hommes et leur environnement.
Un film vraiment bien ! Il est très facile de le voir plusieurs fois. On ne s'en lasse pas ! Enfin... Je ne m'en lasse guère ^^. Je le conseil !
Parmi les ½uvres d'Hayao Miyazaki, Princesse Mononoké se distingue notamment par :
Sa gravité : les séquences d'humour ou de dérision si fréquentes alors chez Miyazaki sont presque absentes dans Princesse Mononoké où la dureté des rapports entre les groupes sociaux, le réalisme cru des séquences de guerre et la gravité des enjeux écologiques dominent la narration de bout en bout. Seules les scènes entre les villageois sont quelque peu empreintes de gaieté, malgré les drames qu'ils traversent.
Sa longueur : le film dure près de 2h15, ce qui en fait le film le plus long actuellement proposé par le studio Ghibli.
Sa complexité : les retournements de l'intrigue, la multiplication des enjeux au fur et à mesure de la narration, l'imbrication des influences shintoïstes, chamanistes et du Japon médiéval, tous ces éléments font la richesse et la complexité de l'univers de Princesse Mononoké.
Sa dimension terrestre : Princesse Mononoké est le seul film de Hayao Miyazaki, fils d'aviateur, qui ne fait pas référence à une pratique des espaces aériens : pas de scènes de vol, d'avions ou d'oiseaux... Ici c'est la dimension terrestre qui est mise en exergue, avec la dualité des forces telluriques (fer, forge, pierre) et des forces biologiques (forêt, eau).
Citations issues du film Le bonze Jiko s'adressant à Ashitaka : « Tout le monde meurt un jour petit. Qu'on soit mendiant ou empereur. »
Ashitaka s'interposant entre San et Eboshi : « Regardez tous à quoi nous ressemblons lorsque la haine s'empare de nous ! Moi elle me ronge le bras, et elle finira par me dévorer vivant ! La colère et la peur décuplent la force du mal. »
Ashitaka quittant les forges, portant San, alors qu'on s'interpose à son passage : « Je suis passé par cette porte en entrant ce matin et c'est par cette porte que je repartirai. »
Moro s'adressant à Ashitaka : « San est ma fille, ma tribu est la sienne, si la forêt meurt elle mourra avec elle. »
Ashitaka s'adressant aux hommes après le carnage de la bataille : « Quel est le plus important pour vous, la tête du Dieu-Cerf ou la survie de votre village ? »
Le bonze Jiko, lors de la traque du Dieu-Cerf : « Quand il s'agit de tuer un dieu, mieux vaut laisser la besogne à un autre. »
Ashitaka à San après la disparition du Dieu-Cerf : « Le Dieu-cerf ne peut pas mourir, il est la vie éternelle, et la mort aussi, mais son esprit est plus fort ; et il a décidé que nous devions vivre. »
Distinctions
Sélection officielle du meilleur film étranger aux Oscars 1998